Derrière les termes accessibilité et obstacles
L’accessibilité (universelle) renvoie au principe selon lequel tous les individus, indépendamment de leurs capacités, doivent pouvoir accéder de la même manière à l’ensemble des espaces et services ouverts ou fournis au public. L’accessibilité englobe des dimensions variées, allant des aspects architecturaux aux aspects communicationnels, en passant par les aspects sociaux et psychologiques.
Les expressions «accès sans obstacles» ou «accès sans barrières» sont synonymes. Selon le modèle biopsychosocial qui fonde la définition de la santé et du handicap, les obstacles ne sont pas absolus: ils surviennent toujours dans l’interaction entre le handicap propre à une personne et des facteurs liés à l’environnement dans lequel elle se trouve. Ainsi, certaines caractéristiques d’une offre de biens et services peuvent constituer des obstacles plus ou moins difficiles à surmonter selon les cas individuels. C’est pourquoi l’approche intersectionnelle est incontournable, car elle permet de tenir compte de la combinaison de différents facteurs individuels (p. ex. handicap, âge, genre, origine sociale ou culturelle) et contextuels qui influencent la manière dont une personne rencontre les obstacles.

Dimensions de l’accessibilité
Pour que leur offre soit réellement accessible aux personnes handicapées, il est important que les centres de conseil prennent en compte plusieurs dimensions. Voici pour chacune d’elles quelques exemples:

Des barrières au cas par cas
D’après le modèle biopsychosocial qui fonde la définition du handicap, les barrières doivent être vues sous l’angle individuel et contextuel: une caractéristique de l’environnement n’est pas en soi une barrière, mais elle le devient lorsqu’une personne ayant un handicap particulier y est confrontée et voit son activité ou sa participation entravée. La question de savoir si un aspect de l’environnement doit être considéré comme une barrière ne peut donc être tranchée qu’au regard d’une situation spécifique. Une solution donnée peut convenir à certaines personnes, mais entraîner de nouveaux obstacles pour d’autres. C’est pourquoi il est essentiel de reconnaître les personnes en situation de handicap comme des experts en la matière et de les associer à l’évaluation de l’accessibilité des offres qui leur sont destinées. Cela vaut en particulier pour les offres de conseil. Pour que le conseil soit accessible à tous, il est essentiel de s’enquérir directement des besoins de chaque personne en situation de handicap.

Perspective intersectionnelle
Derrière le terme «accessibilité» se cachent des besoins et des cas de figure très divers: les éléments à prendre en compte varient selon l’offre proposée, le handicap de la personne, sa situation personnelle et son cadre de vie, ainsi que des facteurs tels que la langue, le genre ou le contexte culturel. Les personnes handicapées forment un groupe très hétérogène, aux vécus et aux besoins multiples. Certaines vivent avec plusieurs limitations fonctionnelles (voir Pluri- et polyhandicap). D’autres font aussi face à des désavantages liés à leur genre, leur orientation sexuelle ou le fait d’être allophone. Ces facteurs peuvent se combiner et produire des obstacles supplémentaires ou un cumul de discriminations – ce que désigne précisément le terme «intersectionnalité». Ces cas de figure rendent la perspective intersectionnelle indispensable. Ce n’est qu’en considérant conjointement ces différentes dimensions et en impliquant les personnes concernées activement dans les processus, que l’on peut concevoir une accessibilité véritablement inclusive.

Distinguer les types de barrières
L’accès à une offre de services repose sur un enchaînement d’étapes successives, et des obstacles peuvent apparaître à chacune d’elles. Si, par exemple, les informations décrivant une offre ne sont pas accessibles, les personnes en situation de handicap risquent de ne pas y recourir, même lorsque l’offre elle-même ne présente pratiquement aucune barrière architecturale ou communicationnelle. La difficulté que l’on peut éprouver à aborder sa situation ou l’impossibilité d’établir un premier contact anonyme peuvent également constituer de premières barrières, tout comme certaines contraintes financières ou juridiques.