Personnes en situation de handicap
Le handicap peut prendre des formes très diverses: il peut être moteur, sensoriel (visuel ou auditif), psychique ou cognitif. Il peut également combiner plusieurs de ces dimensions. On parle alors de plurihandicap ou, dans ses formes les plus sévères, de polyhandicap. Les personnes handicapées ne forment pas un groupe homogène: leurs parcours de vie, leurs besoins et leurs aspirations sont aussi variés que ceux de l’ensemble de la population. Chaque situation est unique. C’est pourquoi il est essentiel de définir les besoins d’accompagnement ou de soutien en consultant directement la personne concernée.

Définition du handicap
La notion de handicap n’a pas toujours été appréhendée de la même manière. Au XXe siècle, deux conceptions s’opposent:À la fin de la Première Guerre mondiale, en médecine, le handicap est perçu comme un phénomène individuel. Il est alors défini comme une «déficience corporelle, psychique ou mentale» inhérente à l’individu et ayant pour conséquence de limiter sa participation sociale.En réaction à cette approche biomédicale, une approche sociale apparaît dans les années 1960. Elle définit le handicap comme la conséquence du manque de considération, dans la société, pour les différences individuelles et les besoins qui en découlent. Le handicap est alors perçu comme un phénomène externe à l’individu et les réponses apportées évoluent en conséquence: l’approche sociale mise sur la promotion des capacités existantes des personnes et l’élimination des obstacles physiques et sociaux auxquels elles se heurtent afin de leur permettre une vie autonome. Elle préconise d’adapter l’environnement et les services de manière à les rendre accessibles et utilisables par les personnes présentant un handicap physique ou psychique.Dans sa définition du handicap qui apparaît dans la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (en anglais), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tient compte à la fois des facteurs individuels et environnementaux. Le handicap y est considéré comme le résultat de la relation complexe entre les problèmes de santé d’un individu, d’autres facteurs personnels, et des facteurs externes liés à l’environnement dans lequel celui-ci évolue. Il a pour effet d’empêcher une pleine et égale participation de celle-ci à la vie sociale, telle que défendue par la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. Cette approche bio-psycho-sociale de l’OMS définit donc le handicap comme la conséquence de facteurs à la fois individuels et environnementaux qui interagissent entre eux.On distingue différentes formes de handicap: moteur, visuel, auditif, psychique et cognitif. Le handicap se caractérise parfois par des limitations multiples: on parle alors de plurihandicap, ou dans les cas de restriction extrême de l’autonomie, de polyhandicap. Il faut donc toujours garder à l’esprit que les personnes handicapées constituent un groupe hétérogène. Les obstacles auxquels elles se heurtent doivent être considérés au regard d’une situation spécifique et dans une perspective intersectionnelle.

Handicaps visuels
Les déficiences visuelles englobent diverses limitations de la vue, allant d’une vision réduite à la cécité totale. Dans de nombreux cas, une correction peut s’opérer par des moyens auxiliaires tels que les lunettes ou les lentilles de contact. On parle de handicap lorsque l’acuité reste très faible malgré la meilleure correction possible. Les déficiences visuelles peuvent être congénitales, survenir après une maladie ou un accident, ou apparaître avec l’âge. Pour être accessibles aux personnes aveugles ou malvoyantes, les informations doivent être fournies via différents canaux, selon une approche multisensorielle. Si la communication numérique a facilité beaucoup de choses, tous les outils, informations et applications numériques ne sont pas pour autant accessibles (écrans tactiles, p. ex.).

Handicaps auditifs
Les handicaps auditifs vont de la surdité légère à la surdité totale. Leurs causes sont multiples: facteurs génétiques, complications à la naissance, maladie, prise de certains médicaments, etc. La baisse de l’acuité auditive la plus courante est celle liée à l’âge. Pour être accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes, les informations doivent être fournies via différents canaux, selon une approche multisensorielle.Nombre de dispositifs facilitent aujourd’hui la communication: aides auditives numériques, sonnettes lumineuses, réveils vibrants, sous-titres (p. ex. dans Zoom ou Teams). La langue des signes est un moyen d’expression essentiel. Lorsqu’une personne sourde ou malentendante vient solliciter des conseils, il est essentiel de communiquer de manière claire et bien structurée, et de prévoir le temps nécessaire pour garantir une bonne compréhension. Le recours à un interprète en langue des signes ou l’accompagnement par une personne de confiance peut être d’une grande aide.

Handicaps psychiques
Les handicaps psychiques se manifestent par des altérations de la pensée, des émotions, de la perception ou du comportement. Ils peuvent être permanents ou épisodiques et s’accompagnent souvent d’une souffrance psychique ainsi que de limitations fonctionnelles – comme c’est le cas dans la dépression.Les personnes qui en sont affectées perçoivent souvent leur environnement autrement que la plupart des gens. Leur comportement peut parfois sembler difficile à comprendre. Dans de nombreux cas, le stress aggrave les symptômes. Souvent invisibles et difficiles à évaluer, les troubles psychiques exposent à des malentendus et à la stigmatisation. Pour faciliter les échanges, il est essentiel d’adopter une communication claire et bien structurée, et de privilégier un environnement calme, sans stimuli perturbateurs. L’accompagnement par une personne de confiance – lorsqu’il est souhaité – peut également faciliter l’accès à une consultation. Il convient en tout état de cause de demander directement aux personnes concernées quels sont leurs besoins et leurs souhaits.

Handicaps moteurs
Un handicap moteur désigne une limitation physique qui affecte la capacité de se mouvoir de manière temporaire ou permanente. Il peut être congénital, résulter d’une maladie ou d’un accident, ou encore apparaître avec l’âge. Ce type de handicap touche généralement des fonctions telles que la marche, la station debout, la préhension ou la coordination motrice. D’autres parties du corps peuvent toutefois être concernées, par exemple les muscles de la bouche ou de la langue (en cas de paralysie cérébrale notamment), ce qui complique la communication orale. De nombreuses personnes en situation de handicap moteur dépendent de moyens auxiliaires: fauteuil roulant, tabouret assis-debout ou communication assistée.

Handicaps cognitifs
Les handicaps cognitifs peuvent être congénitaux (infections maternelles, problème à la naissance), d’origine génétique (trisomie 21), survenir au cours de la vie à la suite d’un accident ou d’une maladie, ou apparaître avec l’âge et le déclin des fonctions cérébrales. On qualifie de «troubles de l’apprentissage» les formes légères, qui apparaissent avant l’âge adulte. La démence se caractérise quant à elle par une perte progressive de la mémoire. L’ensemble de ces personnes présentent des difficultés de compréhension et d’apprentissage. Elles ont également souvent du mal à traiter des informations nouvelles, ce qui peut nuire à la communication, à leur autonomie et à leur participation à la vie sociale.Lorsque des personnes présentant un handicap cognitif viennent solliciter des conseils, il importe que la communication soit claire et bien structurée. Pour garantir la compréhension, le langage utilisé doit être simple et un temps suffisant doit être planifié pour la séance de conseil. Un accompagnement par une personne de confiance peut être d’une grande aide. Là encore, le mieux est de s’enquérir directement auprès de la personne concernée de ses besoins.

Pluri- et polyhandicap
Certaines personnes présentent une altération de plusieurs fonctions motrices, sensorielles et/ou cognitives. On parle alors de plurihandicap ou de handicap complexe. Lorsque l’association inclut à la fois une déficience motrice grave et une déficience intellectuelle sévère, on parle de polyhandicap. Les obstacles pour toutes ces personnes sont nombreux au quotidien. Selon la situation, elles peuvent avoir besoin de dispositifs particuliers ou sur mesure pour accéder à une offre de conseil. La communication avec les personnes atteintes d’une surdicécité sévère doit ainsi s’effectuer dans un environnement calme. Le recours à la langue des signes tactile peut être nécessaire. Un temps plus long que pour d’autres publics doit par ailleurs être ménagé. Les personnes neurodivergentes ont elles aussi des besoins spécifiques. D’une manière générale, il convient de s’enquérir des besoins en matière de communication directement auprès des personnes concernées.